Après 60 ans, le système immunitaire perd progressivement en réactivité. Les infections qu’il maîtrisait sans difficulté à 40 ans peuvent provoquer des hospitalisations, des complications cardiaques ou pulmonaires. Les vaccinations recommandées après 60 ans ne se limitent pas à la grippe : le calendrier vaccinal 2026 intègre de nouvelles protections contre le VRS et met à jour la stratégie pneumococcique.
Immunosénescence : pourquoi le risque infectieux augmente avec l’âge
Vous avez déjà remarqué qu’un simple rhume dure plus longtemps qu’avant ? Ce ralentissement de la réponse immunitaire porte un nom : l’immunosénescence. Les lymphocytes T, les cellules qui coordonnent la défense contre les pathogènes, deviennent moins nombreux et moins efficaces.
Ce phénomène a une conséquence directe sur la vaccination. Un vaccin standard peut générer une réponse plus faible chez une personne de 70 ans que chez une personne de 30 ans. C’est précisément pour cette raison que certains vaccins destinés aux seniors utilisent des formulations renforcées, avec un dosage plus élevé ou un adjuvant qui stimule davantage la réponse immunitaire.
L’immunosénescence justifie des vaccins adaptés, pas une absence de vaccination. Renoncer à se faire vacciner parce qu’on pense que « ça ne marche plus aussi bien » revient à retirer sa ceinture de sécurité parce qu’elle ne protège pas à 100 %.
Vaccin grippe après 60 ans : les formulations haute dose changent la donne
La grippe saisonnière reste l’infection la plus meurtrière chez les seniors. La vaccination est recommandée chaque automne pour toutes les personnes de 65 ans et plus.
La nouveauté réside dans les formulations proposées. Le calendrier vaccinal 2026 cite explicitement Efluelda et Fluad comme options préférentielles pour les 65 ans et plus. Efluelda est un vaccin haute dose, qui contient une quantité d’antigènes supérieure aux vaccins standard. Fluad, lui, contient un adjuvant (le MF59) qui amplifie la réponse immunitaire.
Pourquoi ce choix ? Parce que les essais cliniques montrent que ces formulations renforcées offrent une meilleure protection aux personnes dont le système immunitaire est affaibli. Si votre pharmacien ou votre médecin vous propose l’un de ces deux vaccins, c’est qu’il tient compte de votre âge dans sa prescription.

Pneumocoque et Capvaxive : la mise à jour vaccinale de 2026
Le pneumocoque provoque des pneumonies, des méningites et des septicémies. Chez les plus de 65 ans, les infections à pneumocoque peuvent être graves, avec un taux d’hospitalisation élevé.
En 2026, la Haute Autorité de santé (HAS) a révisé sa stratégie vaccinale. Le Capvaxive (VPC21) est désormais recommandé en dose unique pour les 65 ans et plus, en usage préférentiel. Ce vaccin couvre 21 sérotypes de pneumocoque, soit davantage que les générations précédentes.
Un point à retenir : si vous avez déjà reçu un vaccin VPC20 (comme le Prevenar 20), aucun schéma de rattrapage systématique n’est prévu. La HAS considère que la couverture antérieure reste suffisante. En revanche, si vous n’avez jamais été vacciné contre le pneumocoque, une seule injection de Capvaxive suffit.
Vaccination VRS, zona et rappels DTP après 65 ans
Le VRS, nouveau venu dans le calendrier vaccinal
Le virus respiratoire syncytial (VRS) est souvent associé aux nourrissons. Il touche aussi les seniors, chez qui il provoque des bronchiolites et des pneumopathies sévères. La vaccination contre le VRS est intégrée au calendrier vaccinal 2026 avec une recommandation saisonnière entre septembre et janvier.
Cette vaccination concerne :
- Les personnes de 75 ans et plus, sans condition particulière
- Les personnes de 65 ans et plus atteintes de pathologies respiratoires chroniques (BPCO, asthme sévère) ou cardiaques
- Aucun rappel n’est établi à ce jour par les autorités sanitaires
Le zona : une douleur que le vaccin peut prévenir
Le zona est une réactivation du virus de la varicelle, qui reste dormant dans les ganglions nerveux. Après 65 ans, le risque de zona augmente, tout comme le risque de névralgies post-zostériennes (des douleurs chroniques qui persistent des mois après l’éruption cutanée). Le vaccin contre le zona est recommandé dès 65 ans.
Rappels diphtérie, tétanos, poliomyélite et coqueluche
Les rappels DTP (diphtérie, tétanos, poliomyélite) sont prévus à 65 ans, puis tous les dix ans. La coqueluche mérite une attention particulière si vous êtes en contact régulier avec un nourrisson. On parle alors de stratégie « cocooning » : vacciner l’entourage du bébé pour créer une barrière de protection autour de lui, car les nouveau-nés ne sont pas encore protégés par leurs propres vaccins.

Stratégie vaccinale respiratoire : combiner les injections le même jour
Grippe, Covid-19, pneumocoque, VRS : quatre vaccins qui ciblent des infections respiratoires et qui peuvent se retrouver dans la même fenêtre de vaccination automnale. Certaines de ces injections peuvent être administrées le même jour, ce qui simplifie la démarche.
Concrètement, votre médecin ou pharmacien peut proposer la vaccination antigrippale et le rappel Covid-19 lors d’un même rendez-vous. Cette approche combinée réduit le nombre de consultations et améliore les taux de couverture vaccinale.
Pour le Covid-19, la recommandation reste une dose chaque automne pour les 65 ans et plus. Les personnes de 80 ans et plus bénéficient d’une dose supplémentaire au printemps.
- Grippe + Covid-19 : co-administration possible le même jour
- Pneumocoque (Capvaxive) : dose unique, à planifier indépendamment si non encore reçu
- VRS : vaccination saisonnière entre septembre et janvier, selon le profil de risque
- DTP : rappel tous les dix ans à partir de 65 ans
Le calendrier vaccinal après 60 ans ne se résume plus à la grippe annuelle. Les avancées récentes, notamment l’arrivée du Capvaxive et la vaccination anti-VRS, élargissent la protection disponible. Parlez-en à votre médecin ou pharmacien lors de votre prochain rendez-vous pour vérifier quels vaccins vous manquent : une consultation suffit pour faire le point sur l’ensemble de vos rappels.

